La beauté sur-mesure par Wired Beauty

Aujourd’hui nous accueillons Stanislas, fondateur et CEO de Wired Beauty qui nous fait part de sa vision de la beauté, la data, le soin de la peau et les routines beauté et santé !

Quel est le concept de Wired Beauty ?

Wired Beauty a pour vocation de contribuer à davantage de personnalisation des routines et des produits dermocosmétiques.

Pour mieux personnaliser ces solutions, le parti pris de WB est qu’il faut mieux connaître sa peau, ses cheveux… Nous développons donc les outils qui permettent aux consommatrices et consommateurs de récupérer ces informations en temps réel, pas simplement en laboratoire ou dans un lieu de vente ou de service …

L’évolution de certaines mesures précises permet de savoir si la peau est trop exposée au soleil, la pollution, si elle est bien hydratée, trop grasse, s’il y a un excès de sébum, etc. L’essentiel est de mesurer de manière objective et précise, et pas dans des conditions qui peuvent être « artificielles », pour que chacune et chacun puisse adapter sa routine et à terme, avoir des produits plus adaptés, plus personnalisés.

 

Parle nous un peu de ton parcours.

J’ai travaillé un peu plus de dix ans chez L’Oréal, où j’ai appris beaucoup de choses, et je suis à mon compte depuis 10 ans. J’ai monté une première entreprise, toujours dans la cosmétique, qui fabriquait des crèmes et des parfums en marque blanche pour d’autres enseignes. J’y ai travaillé cinq ans, avant d’en avoir un peu marre des cosmétiques. Je me suis concentré sur d’autres sujets comme le textile connecté, les données, le peer-to-peer, le contrôle des données personnelles ­­— c’est une de mes obsessions !

 

C’est comme cela qu’est venue l’idée de Wired Beauty ?

A un moment, je me suis dit : peut-être que l’avenir de la dermocosmétique, c’est la dermocosmétique connectée. Elle peut redonner les outils, le pouvoir et le contrôle à la personne qui génère ces données.

Ça, ça a un impact à court terme, puisqu’on invente de nouveaux produits, de nouvelles technologies, mais surtout à moyen et long terme, parce que cela ouvre une nouvelle vague d’innovation. C’est ça qui m’anime.

 

Du coup, tu es un scientifique ?

Pas du tout ! J’ai fait une école de commerce, mais dans l’équipe il n’y a quasiment que des scientifiques. Il est fascinant à la fois de comprendre les évolutions des sciences aujourd’hui, et en même temps de les rendre « commerciales », au sens « utiles dans la vraie vie », pour qu’elles ne restent pas des technologies sur l’étagère. C’est ça qui est intellectuellement excitant.

 

Comment est-ce qu’on associe exactement les données et la cosmétique chez Wired Beauty ?  

Nous avons une marque, La Clinique Digitale®, qui résume de manière assez claire la volonté d’associer le consommateur au développement de nouvelles routines et nouveaux produits en lui laissant le contrôle de l’objet, de la technologie, ainsi que celui de l’information et de ses données. Nous voulons ouvrir le laboratoire et le mettre à la disposition du consommateur, afin de développer des produits plus adaptés.

Concrètement, nous développons par exemple des capteurs d’exposition solaire (les Mapo® solaires), ou encore des capteurs qui se concentrent sur le stress oxydant, soit la capacité de la barrière cutanée à être bien protégée face à des agressions comme la pollution.

Les gens qui le souhaitent sont associés à ces études en amont, mais cette association peut durer. Ceux qui ont acheté un masque Mapo® peuvent, s’ils le souhaitent, partager les informations qu’ils génèrent dans la durée à un laboratoire qui peut leur développer des produits sur mesure.

La Clinique Digitale® englobe les processus du début du développement du produit, jusqu’à la production du produit personnalisé. Souvent, aujourd’hui, le laboratoire développe son produit sur de petits échantillons de 10-15 personnes dans une étude clinique. Nous, nous impliquons les gens dans des proportions beaucoup plus grandes, dès l’amont du développement, depuis chez eux. Nous voulons personnaliser les produits, mais savons aussi que les routines jouent un rôle très important : sur le solaire par exemple, une partie des gens utilise de la crème en cas d’exposition accrue — mais l’autre partie aura tendance à se mettre à l’ombre. C’est à nous d’inclure ces informations dans notre façon de penser la dermocosmétique.

 

Si tu devais décrire une « routine beauté » en 2028, qu’est-ce que tu dirais ?  

C’est une très bonne question. La routine à laquelle je crois passe par du hardware, donc des objets ­— c’est pour cela qu’on travaille dessus. Nous avons développé un masque de beauté connectée : c’est un objet qui rentre dans une routine existante, mais auquel on peut rajouter des fonctionnalités. Sans que cela prenne plus de temps, que ce soit plus laborieux ou compliqué, on récupère des informations additionnelles, qui peuvent ensuite se mettre en connexion avec d’autres types d’informations que chacun et chacune d’entre nous connaît assez naturellement. Exemple : j’ai bu ou pas assez, couru ou pas assez, me suis exposé à la pollution… cette routine, en 2028, c’est une routine qui sera à la fois plus responsable et ne passera pas seulement par des produits, mais qui également fera que de manière naturelle, nous aurons anticiperons mieux. Wired Beauty veut contribuer de manière importante aux avancées en matière de prévention et d’anticipation. Nous avons gagné un prix pour les biocapteurs que nous sommes en train de développer, qui permettront de mesurer de manière très précise et anticiper l’apparition d’un bouton.

L’idéal d’une routine en 2028 serait d’avoir des produits qui permettent non seulement de régler les problèmes qui sont apparus, mais aussi les anticiper et les prévenir. Les laboratoires cosmétiques connaissent aujourd’hui très bien la peau ; il leur manque juste de nouveaux outils pour récupérer d’autres types d’information, qui vont permettre de franchir de nouvelles frontières. Nous allons ouvrir un nouveau pan d’innovation, mais nous ne pouvons pas le faire seuls, nous sommes trop petits ; nous l’ouvrirons en partenariat avec ces laboratoires.

 

Pour toi, est-ce que l’industrie de la beauté et de la cosmétique a vocation à se concentrer de plus en plus sur l’aspect santé ? Si oui, est-ce que tu penses que ça va provoquer une nouvelle tendance un peu moins genrée chez les marques et dans leurs stratégies ?

 Aujourd’hui, la dermatologie est déjà très proche de la santé, la beauté aussi. Je ne pense pas qu’on ira davantage vers la santé. Par contre, je pense qu’il y aura une approche plus holistique, on pensera mieux à ce que l’on boit, mange, etc.

Je ne sais pas si le milieu sera plus ou moins genré ; je dirais que d’une certaine manière, notre enjeu c’est surtout d’aller vers une approche plus personnalisée. Donc, qu’indépendamment du genre, chacun et chacune connaisse mieux sa peau et puisse adapter sa routine et les produits utilisés.

 

Wired Beauty a intégré la troisième promotion d’incubation de Look Forward. Qu’est-ce que cette année d’incubation représente pour toi ?

D’abord, une énergie, des contacts, des échanges, des connaissances…

Quand on monte une start-up, on a soi-même de l’énergie, mais il faut pouvoir l’échanger et donner ­— d’autant plus qu’en retour, il y a une dynamique d’innovation qui nous porte, qui est faite à la fois de gens et de contenus. Cet aspect humain est l’un des éléments qui m’a séduit et qui se confirme encore. C’est déterminant.

Le deuxième élément, c’est l’environnement culturel dynamique autour du business de Showroomprivé. On gagne une exposition à des solutions et approches business qu’il est important pour nous d’intégrer ; c’est une culture.

 Ces deux éléments se rejoignent bien dans le modèle « original » : avec les équipes de Showroomprivé, on ne rencontre pas uniquement des compétences, mais aussi des gens.

 

Nous espérons que vous avez apprécié le temps passé avec Stanislas et sa vision des objets beauté connectés, les données et le soin de la peau !

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