La seconde main : le nouveau branché ?

Les Français sont encore un peu frileux, mais des startups ont pris les choses en main : renouer avec la seconde main, la faire rimer avec qualité et branchitude, le tout à petit coût financier comme écologique. Lunettes ou vêtements pour enfants, les offres explosent.

 

Les lunettes allient style et vintage

 

« D’après une étude récente, 100 millions de lunettes non utilisées dorment dans les tiroirs des Français ! » s’étonne encore Célia Poncelin, 24 ans, fondatrice de Lunetist. Pour la vingtenaire, boostée par ses cours d’entrepreneuriat dispensés à Sciences Po, il devient évident d’importer le concept qui cartonne à Berlin- où elle séjourne en 2012. Le concept ? Lunetist collecte des lunettes vintage de années 30 aux années 80 -par un réseau de brocanteurs spécialisés-, se charge de les restaurer grâce aux services d’opticiens lunetiers, et les repropose à la vente. « Je voulais les inscrire dans un positionnement moderne et pas que vintage », précise-t-elle, afin de toucher un plus grand public. « Aujourd’hui, ça n’a pas de sens de produire en masse en Chine ! », affirme-t-elle, déterminée à offrir à ces lunettes une seconde vie. Le prix des lunettes -de 99 à 249 euros- correspond au travail nécessaire à les rendre comme neuves, et s’inscrit aussi dans une démarche d’ « acheter moins mais mieux ». Pour les clients les plus engagés, Lunetist offre une autre option que les montures en bois.

 

Loupilou, renting of baby clothes
Loupilou propose des vêtements de seconde main pour enfants

Trustée par de jeunes startupeuses, la mode de seconde main prend des formes variées, comme avec Loupilou. Claire Jenvrin, accompagnée par Look Forward, est partie d’un constat personnel avant de lancer son site de dépôt et vente de vêtements pour enfants de 0 à 6 ans. « Quand j’ai vu ma nièce porter deux fois la robe à 60 euros que je lui avais offerte, je me suis dit que la France devait regorger de vêtements pour enfants. Quel gâchis ! » Pour les parents qui ont encore quelques réserves rapport au concept de « seconde main », Claire Jenvrin est affirmative : avec son contrôle qualité, « les vêtements que nous acceptons et revendons sont neufs ou quasi neufs, et sont proposés entre 30% et 90% moins chers que neufs. Economique et écologique », résume-t-elle. Les parents ne surconsomment pas, et peuvent même revendre les habits achetés sur le site. « C’est presque de la location déguisée », s’amuse-t-elle.

D’autres startups françaises approfondissent ce concept de location de vêtements, comme LeCloset, société créée en 2014 et offrant un accès illimité à un dressing partagé, basé sur un abonnement mensuel de 49 € / mois.

L’oeil Look Forward

La seconde main est sans doute en train de gagner ses lettres de noblesse. « On verra de plus en plus de modèles de recyclages, de non possession » affirme Valérie Moatti, de la chaire « Mode et Technologie » de l’ESCP Europe. Si ce que recherche encore le consommateur, c’est « un prix moins cher, des objets chic, ce qui est possible en seconde main », il n’en reste pas moins que ces startups innovantes accompagnent les habitudes de consommations à évoluer dans le sens d’une slow fashion.