Le biomimétisme dans la mode

Toute cette prise de conscience a entrainé  la montée en puissance des jeunes marques engagées défiant les géants du luxe .

 

 

People Tree, Pionnier de la mode équitable

 

Ceebios, le Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme, a publié un état des lieux montrant l’intérêt de la majorité des secteurs d’activité industriels envers le biomimétisme. L’Allemagne étant en tête de la recherche biomimétique, avec plus de 100 structures de recherche publique allemande en R&D impliquées dans les activités de biomimétiques. L’État allemand accompagne la création de ces réseaux, et y a investi plus de 120 millions d’euros depuis 2001. La Grande-Bretagne avec le Réseau NIM (Nature Inspired Manufacturing) et la Suisse, avec le premier centre interuniversitaire (regroupant l’université de Fribourg, l’EPFL et ETH Zurich) dédié aux matériaux bio- inspirés, sont également bien en pointe sur le sujet.

Mais qu’en est-il de la France ? La richesse de son patrimoine naturel lui donne tout le potentiel pour se positionner comme un acteur majeur. « Rien que son espace maritime, le second mondial, est un trésor à valoriser ! Il faut miser sur cet atout, pousser l’innovation bioinspirée pour encourager sa préservation. D’autant que nous sommes en avance dans les outils d’analyse de la biodiversité. Notre efficacité pour fouiller les données qui en sont issues n’est plus à faire ! » SOURCES

Aussi dénombre-t-on plus de 175 équipes de recherche et une centaine d’entreprises positionnées dans cette démarche, dans des secteurs aussi variés que l’énergie, la construction, les matériaux, les cosmétiques… « En terme de compétences, l’Île de France arrive en tête, mais la Nouvelle Aquitaine est politiquement mieux placée », note Kalina Raskin. « Le nombre d’entreprises s’accroît, les opportunités économiques se développent, et si de nombreux laboratoires y contribuent, ce positionnement n’atteint pas encore l’échelle institutionnelle », souligne encore la directrice du CEEBIOS, qui aimerait un jour évoluer un jour en institut français du biomimétisme, histoire d’avoir plus de légitimité de moyens et des statuts utiles au développement du secteur.

Des jeunes pousses à suivre

Les géants s’ouvrent de plus en plus aux startups issues des biotechs, en trouvant des matières alternatives répondant aux exigences de qualité du luxe.  « Les cuirs à base de fibres d’ananas, de pomme ou de bambou n’ont pas encore la résistance, l’esthétique et la souplesse correspondant à nos critères, nuance Alexandre Capelli – LVMH. La startup californienne, Bolt Thread, développe des cuirs et des soies de synthèse. AlgiKnit est à l’origine d’un textile à base d’algues.

De plus, le géant LVMH a ouvert une Maison des start-up fin avril à Station F, à Paris. De son côté, Kering s’est récemment associé à l’incubateur néerlandais Fashion for Good. Pour garder une longueur d’avance, Stella McCartney a lancé avec Peta une compétition entre une trentaine de grandes universités américaines dans le but de fabriquer de la laine végane.

L’oeil de Look Forward

La transition du luxe s’accélérant, les marques n’ont d’autres choix que de suivre les aspirations des millenials et se soucier de l’impact environnemental et éthique qu’ils ont. L’écologie n’est désormais plus perçue comme une contrainte mais comme une occasion d’innover et de créer de la valeur. La montée en puissance des jeunes marques engagées défie les géants du luxe et l’écologie n’est donc plus une option mais une obligation.