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Textile : le boom du recyclage

Ils ont tous ce mot à la bouche : recyclage. Au-delà des marques dites éthiques, les géants de la mode s’y mettent aussi. H&M ou Uniqlo vont même plus loin dans leur démarche en collectant directement leurs habits usagés en boutiques.

Face au ras-le-bol de la mode jetable, les géants du textile jouent leur carte verte. Une nécessité puisque « le développement durable est de plus en plus important dans le business de la mode », confirme Valérie Moatti, professeur associée à la chaire « Mode et technologie » de l’ESCP Europe.

En tête de gondole, H&M insiste particulièrement pour plus de contrôle dans les usines de ses sous-traitants, plus de recyclage des tissus, l’utilisation de coton bio, des investissements pour réduire la consommation d’eau. Et s’intéresse aussi à l’économie circulaire dans sa propre chaîne de fabrication. En effet, depuis 2013, l’entreprise suédoise a mis en place dans ses boutiques du monde entier des centres de collecte pour vêtements usagés. Objectif pour 2020 : récupérer 25 000 tonnes. Leur destin ? Soit être portés à nouveau, servir à la production d’énergie, être réutilisés pour créer des chiffons ou recyclés, quand cela est possible. Une démarche vertueuse sur laquelle « H&M communique beaucoup », reconnaît Valérie Moatti.

 

Les points de collecte se multiplient en magasin (crédits: H&M)

Uniqlo -qui s’est engagé à éliminer les substances chimiques dangereuses de ses processus de production d’ici 2020-  a quant à lui décidé de se spécialiser sur la deuxième vie des vêtements. Constatant dès 2006 que la plupart des dotations des clients étaient encore en bon état, la marque a décidé de redistribuer ses vêtements à des réfugiés, personnes déplacées ou victimes de catastrophe climatique etc. En dix ans, ce sont plus de 65 millions de vêtements qui ont été collectés, et 25 millions redistribués.

Ces deux exemples parmi d’autres -Camaïeu, Bonobo etc.-, illustrent une tendance forte, qu’a mise en avant un rapport d’Eco TLC, l’organisme qui collecte des redevances des industriels de la mode pour aider au recyclage des textiles. En 2016, le rapport fait état de 210 000 tonnes collectées, mais seules 58 000 tonnes ont pu être recyclées.  Les freins sont techniques- certaines fibres comme celles des collants ne peuvent se recycler- ou économique : recycler continue de coûter plus cher que fabriquer un nouveau produit.

L’oeil de Look Forward

Cependant, les bonnes intentions affichées par les marques ne convainquent pas tout le monde. Derrière une « volonté sincère » dont ne doute pas Valérie Moatti, H&M distribue ainsi des chèques cadeaux à chaque dépôt, poussant le client à racheter de nouveaux modèles. Faisant ainsi deux pas en avant, trois en arrière ?

 

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