Urban Circus, la mode utile au service de la sécurité

Nous accueillons aujourd’hui Henri et Quentin, fondateurs d’Urban Circus. Ils nous parlent sécurité, mode utile, jungle urbaine et… doigts de pieds gelés !

Collection POP disponible maintenant sur Kickstarter.

Quel est le concept d’Urban Circus ?

 Bouleverser, transgresser. Urban Circus réinvente la mode de demain plus high-tech, plus utile, et surtout plus flashy. Tout commença avec l’idée de réinventer le fameux gilet jauneet  aujourd’hui nous avons réussi à lier mode et sécurité avec des collections permettant de réduire de 70% les risques d’accidents dans un univers complètement décalé.

Henri et Quentin, les fondateurs d’Urban Circus.

Parlez-nous un peu de votre parcours et votre rencontre.

On s’est rencontré en école d’ingénieurs.  A cette époque, Henri commençait déjà à designer des gilets réfléchissants un peu fun. Moi, j’ai continué dans mon parcours d’ingénieur, lui a fait une école de mode vraiment spécifique. On s’est retrouvé après… on s’était donné rendez-vous dans 10 ans. Il revenait d’Australie, moi des États-Unis, il était super motivé par ce projet, et moi j’avais envie de faire autre chose que de l’ingénierie. Donc on est partis tous les deux, bille en tête, comme des fous.

 

C’est spécial, comme hobby, de dessiner des gilets de sécurité.

H : Oui, mais je pense qu’on avait besoin de donner un sens à ce qu’on faisait.

Q : Oui, je pense qu’il y avait un support de créativité, avec des textures assez particulières, et justement, c’était tout le challenge de partir de quelque chose qui est vraiment proprement utile, et d’en faire un espace de liberté, de créativité, etc.

Ça, c’est une vraie approche artistique. Le meilleur exemple, c’était Clet Abraham. C’est un street artist qui revisite le panneau de signalisation, les trucs un peu obligatoires, sens interdits, en mettant des petits bonhommes. Ça ne dénature pas le panneau, ça garde tout son sens, et en même temps ça le rend un peu plus fun.

C’est un support artistique original.

 

Comment l’idée vous est-elle venue ?

L’idée, c’était surtout de répondre à un problème. On était riders à la base, et là on s’est dit « mais le gilet jaune… c’est pas possible ! ». Alors qu’on en comprenait complètement l’utilité. L’idée est venue petit à petit. Au départ, je bossais sur des gilets, rien à voir avec ce qu’on fait aujourd’hui, puis au fur et à mesure des inspirations, discussions, le produit a évolué.

 

C’était avant ou après la campagne avec Lagerfeld ?

(rires) C’était après justement ! C’est à ce moment-là qu’on a commencé à sentir qu’il y avait des lois qui se créaient autour de ça et qu’on allait plus y échapper, à ce gilet jaune. Du coup, on a fait un peu comme tous les artistes qui essaient de retrouver un peu de liberté à travers les contraintes qu’on leur impose. On se disait « on va être obligé de porter ce truc, alors qu’en fait, ce dont on a envie, c’est de quelque chose qui exprime ce qu’on est au fond. »

 

Pour l’instant, votre collection compte six vestes. Avez-vous l’ambition de développer plus de designs, ou peut-être des produits différents ?

H : Bien sûr ! On en a pas mal : avec le lancement du Canada, on a une nouvelle collection appelée POP pour son côté géométrique et l’agencement des couleurs. Il n’y aura pas de motifs, mais on retrouvera quand même le côté hyper décalé, qu’on a pas dans les autres vêtements haute visibilité. Surtout, l’un des gros projets de cette année, c’est de lancer la collection pour enfants. La sécurité, c’est quand même fait aussi pour eux !

Q : On a eu beaucoup de parents qui nous ont exprimé qu’ils se sentiraient plus à l’aise en se disant que leurs enfants portent quelque chose comme nos vestes, que ça le sécuriserait pour aller à l’école, faire du vélo, se balader, dans les parcs…

H : Dans les parcs ! T’as toujours peur de perdre ton enfant !

Q : On s’était aussi dit qu’on allait retrouver l’essence première d’Urban Circus, qui était justement ce gilet jaune, donc peut-être repartir sur du gilet jaune très stylisé.

H : Plus abordable, parce que nos produits sont quand même assez chers, et la sécurité c’est fait pour tout le monde. Comme dit Quentin, l’essence c’est de faire de la fashion tech, mais du prêt-à-porter, et on ne veut pas tomber dans un prix trop luxe même si créer de nouvelles matières comme nous le faisons coûte assez cher.

Q : Il faut qu’il y ait de tout pour tout le monde !

Comment vous imaginez la ville dans dix ans ?

H : Je pense que les hivers changeront beaucoup. Au lieu d’avoir des tenues noires, monochromes, l’idée serait que les gens se mettent tous au fluo. Comme les gens sont tous fluos pour le sport d’hiver ou le sport tout court, on sait que c’est utile, on se dit : « si je suis en fluo, je suis visible, ça permet d’éviter pas mal de choses ». Ce sera ça dans dix ans : tout le monde en fluo en hiver.

Q : Et « Urban Circus » prendra son sens, ce sera un grand cirque urbain, avec plein de couleurs partout.

H : On croit beaucoup en Hidalgo aussi, plus de voitures, tout le monde en deux roues, ou en métro.

 

Le vélo, ça fait tout de suite penser à Amsterdam, Copenhague, Berlin… Est-ce que le vélo, c’est pas une philosophie un peu trop éloignée de la philosophie française, et parisienne ?

H : C’est vrai qu’on est très early stage pour la France. Il y a quand même quelques adeptes, qui sont early adopters, qui sont assez impliqués et ça nous construit une belle communauté en France, qui sera solide pour la suite. C’est pour ça qu’on lance le Canada et d’autres pays, on ne peut pas se restreindre à la France.

Q : Ceux qui arrivent à se projeter dans la veste forment vraiment une communauté hyper reconnaissable. Ils se connaissent d’ailleurs un peu tous entre eux, il y a un noyau dur qui se crée autour de la marque… Ce n’est pas simplement le vêtement, c’est le concept qui commence à emballer des gens.

H : Mais comme Amsterdam ou Berlin, il y a toujours une évangélisation à faire sur ce concept de mode technique, qui peut sauver des vies, ou au moins réduire les risques d’accidents.

Q : Le Canada c’est l’extrême pour ça ! Ils sont tous prêts à mettre des vêtements utiles. Personne ne porte des petites chaussures, ils mettent tous des grosses boots parce que sinon, tu reviens comme moi, avec une infection où il faut te couper les doigts de pieds à la fin.

H : (rires) Tu pourras couper ça.

 

Vous avez intégré la troisième promotion d’incubation de Look Forward. Qu’est-ce que cette année d’incubation représente pour vous ?

Q : On est dans un stade où on est en train de grossir, de vouloir viser haut, et on avait besoin dans un premier temps de rencontrer l’univers « entreprise », corporate, un peu plus proches des réalités.

H : Et structuré. Le grand problème, quand tu veux grandir, c’est de structurer les choses. On observe ce qui se fait chez Showroomprivé, grâce à Look Forward.

Q : L’autre raison, c’était de se dire que Showroomprivé.com est la référence dans le digital, et nous, notre grande question était : « est-ce que c’est un domaine dans lequel on peut se lancer ? » Est-ce qu’on est capable de suivre le rythme du développement du e-commerce en France ? C’est pour répondre à ces questions qu’on est là. Et on a rencontré des gens hyper intéressants dans ce domaine-là.

H : Enfin, on travaille beaucoup en BtoB avec les entreprises de livraison, et on aimerait réinvestir le BtoC. Showroomprivé, pour nous, c’est un tremplin d’accélération. On peut accéder à toute l’équipe de l’entreprise pour savoir comment structurer la marque, bien la lancer… C’est un beau moyen pour éviter les erreurs qui pourraient nous ralentir.

 

Nous espérons que vous avez apprécié cet instant passé avec Henri et Quentin, que nous remercions pour leur temps !

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